Résidence de création pluridisciplinaire

Street Art Green Kultu, Maripasoula (Guyane)

En immersion durant trois semaines, Vincent Abadie Hafez a récemment intégré un programme de résidence artistique transdisciplinaire dans cette région souvent oubliée du territoire guyanais. Le projet “Street Art Green Kultu” lauréat de l’appel à projet national street art du Ministère de la Culture et de la Communication 2018, est porté par l’association Chercheurs d’Autres et s’inscrit dans la continuité des actions menées en Guyane et en Occitanie, créant des passerelles entre artistes et habitants à travers diverses pratiques créatives.


C’est aux côtés de deux artistes locaux, Carlos Adaoude – Kaliman (art tembe) et Minestelli Ananuman (art maluwana), qu’il participe à la création de trois fresques participatives. Réalisées avec la contribution des jeunes des communes de Maripa-Soula et Papaïchton, ces œuvres mettent en interaction, peinture murale, tatouage au jagua, maluwana, tembe, calligraphie urbaine et patrimoine culturel. Cette résidence artistique donna lieu à une rencontre tant artistique qu’humaine et permit d’initier un croisement des esthétiques entre trois artistes aux univers et styles différents, en partageant leurs visions mais aussi leurs savoir-faire et techniques traditionnels, durant cette semaine passée à Taluen, village amérindien bordé par le fleuve Maroni.


Les temps dédiés aux échanges entre artistes permettent d’expérimenter de nouvelles pistes créatives, de construire des liens, de combiner les démarches de chacun, toutes issues d’une histoire particulière et singulière, mais surtout d’affirmer une approche commune, renouvelée et décloisonnée des pratiques traditionnelles. En croisant, “lianant” (en référence aux échanges sur l’idée du lien et de la liane avec Dénètem Touam Bona, auteur de l’essai philosophique “Fugitif, où cours-tu ?”, rencontré sur place) les pratiques personnelles de chaque artiste, de nouvelles représentations picturales ont pu émerger.


Les trois fresques produites durant ce séjour, conserveront la trace de cette rencontre entre l’univers des entrelacs symboliques de l’art tembe (art traditionnel Aluku ou Boni, noirs marrons Bushinengues de Guyane et du Surinam) pratiqué par Carlos Adaoude, le bestiaire mythologique coloré du Maluwana qui orne les ciels de case (art amérindien Wayana) et le travail de déconstruction-reconstruction de la lettre porté par Vincent. Tout au long du séjour, les habitants étaient parallèlement invités à découvrir ou redécouvrir pour certains, le tatouage au jagua, fruit sacré utilisé traditionnellement par les amérindiens pour se parer le corps.


Avril et mai 2018

Fresques participatives, ateliers transdisciplinaires, installations in situ
Coordination Chercheurs d’autres
Maripasoula (Guyane)